A propos de la CATL

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Quand la CATL a-t-elle été créée ?

La dynamique de la CATL a officiellement été lancée les 5 et 6 novembre 2013. Lors de ces deux journées organisées au Manège Fonck à Liège, les producteurs, les citoyens, les institutions et toutes les parties prenantes du système alimentaire liégeois ont été invités à réfléchir ensemble à une stratégie de transformation du système alimentaire liégeois, dans le sens de sa relocalisation, de sa "décarbonisation" et de sa démocratisation. Quelques 600 personnes ont pris part à ces événements de lancement, dont 170 environ au premier forum de la CATL, qui a permis de jeter les bases du projet et des grands chantiers à mener à bien.

Au départ la CATL était une dynamique informelle portée par plusieurs acteurs de terrain. Début 2019, l'ASBL Exposant d, qui était une des organisations à l'origine du projet, s'est transformée en ASBL Ceinture Aliment-Terre Liégeoise (en abrégé CATL). Cette dernière intègre dans ses organes de gestion (Assemblée générale et Conseil d'administration) les différentes catégories de parties prenantes du réseau : producteurs, consommateurs engagés, coopératives, organismes de formation ou d'accompagnement, etc... L'ASBL s'est également dotée d'une charte, consultable sur sur son site web : https://www.catl.be/charte-de-la-catl/

Par qui la CATL a-t-elle été créée ?

La dynamique de la CATL a été créée conjointement par les ASBL Exposant d, Barricade, Agès, GAL des Condruses, par les coopératives Tr@me et Point Ferme, ainsi que par le mouvement citoyen Liège en Transition. Soit plusieurs organisations et acteurs de terrain impliqués dans des filières courtes, l'économie coopérative et le développement rural, qui ont décidé d’unir leurs forces pour lancer une dynamique nouvelle en matière de filières alimentaires locales et durables en région liégeoise.

Pour la petite histoire, c’est le 27 avril 2012 qu’est née l’idée du projet Ceinture Aliment-Terre Liégeoise, lors de discussions informelles entre les membres des organisations précitées, à l’occasion d’un congrès organisé par les étudiants de HEC Liège. Il y a donc eu un temps de réflexion et de préparation entre la naissance de l'idée et le lancement officiel de la dynamique, en novembre 2013.

Et pour répondre à quel(s) besoin(s) ?

Ces dernières années, à contre-courant de la tendance à la disparition d’un nombre important d’exploitations agricoles et d’une perte de souveraineté alimentaire régionale, de nombreuses initiatives de production et de commercialisation alternatives se sont lancées en région liégeoise : des projets concrets de production, de formation, de transformation, d’accompagnement à l’installation, ont vu le jour, privilégiant souvent la forme coopérative, et de nombreux consommateurs se sont organisés en soutien à l’agriculture locale.

Les fondateurs de la CATL ont cependant fait le constat d'un manque de lien entre ces nouvelles initiatives, de la nécessité de les mettre en réseau et de les amener à adopter une stratégie commune pour permettre un changement d'échelle des filières courtes, de manière à les faire sortir des marges où elles sont restées trop longtemps confinées.

Quels étaient les objectifs ?

L'objectif annoncé à la création de la CATL était de parvenir, à l'horizon d'une génération (soit 25 à 30 ans), à ce que la majorité de l'alimentation consommée localement (en province de Liège) soit produite localement dans les meilleures conditions écologiques et sociales. A l'époque, la connaissance du fonctionnement des systèmes alimentaires locaux était balbutiante, et l'objectif annoncé l'avait été de manière totalement arbitraire. Avec un peu de recul, et bien que la dynamique enclenchée par la CATL soit réelle et très encourageante, nous estimons que, dans les conditions actuelles de marché (accords de libre échange notamment) et de politiques publiques (en particulier la Politique Agricole Commune européenne), cet objectif n'est pas atteignable.

Comment a-t-on trouvé le nom ?

Le nom s'inspire du concept de "green belt" qui, dans les pays anglo-saxons, a été créé pour contrôler et limiter l'étalement urbain. L'idée de la « ceinture verte » (comme, en France, celle de « coulée verte ») est d'entourer une agglomération d'une zone non-bâtie, où l'urbanisation sera limitée, afin de maintenir un espace où l'agriculture, les forêts et les loisirs de plein air pourront se développer.

Nous avons cependant opté pour un terme plus spécifique que celui de ceinture verte, une ceinture aliment-terre ou alimentaire ayant une fonction essentiellement vivrière, l'idée principale étant de créer une alliance entre villes et campagne pour la mise en place de systèmes alimentaires durables.

Qu’est-ce qu’une Ceinture Aliment-terre de manière générale ?

C'est à la fois un réseau d'acteurs et une dynamique collective de création d'un système alimentaire durable sur un territoire donné, impliquant la création de synergies entre les territoire urbains et ruraux.

Chaque ceinture (ou réseau) aliment-terre (ou alimentaire) a sa propre histoire, ses valeurs partagées (charte) et ses dynamiques propres. Il n'y a pas de label ou de franchise. A l'instar des initiatives de transition, le mot d'ordre est l'expérimentation, l'apprentissage mutuel et l'adaptation aux caractéristiques de son propre territoire. Il n'existe pas de recette à suivre pour créer ou développer une ceinture aliment-terre.

Pour sa part, la CATL s'est définie de la manière suivante dans sa charte :
La Ceinture Aliment Terre Liégeoise est un réseau écosystémique qui fédère, en région liégeoise, divers acteurs qui participent à la transition vers un système alimentaire durable et résilient.
Les démarches soutenues ou entreprises par la CATL répondent à une vision sociale et politique et se traduisent par le développement d’outils, de pratiques et de dynamiques entrepreneuriales qui, peu à peu, apportent des solutions aux défis à venir en matière d’alimentation et plus largement de souveraineté alimentaire.


Quelles sont les missions ?

Chaque ceinture aliment-terre est autonome et définit sa ou ses propres missions.

Pour ce qui est de celle de Liège, voici la manière dont sa mission est définie : favoriser le développement de l’alimentation durable et des filières courtes et locales, en sensibilisant à ces thématiques, en soutenant les acteurs qui les composent et en facilitant leur développement.

Cette mission se décline chez nous en trois principaux pôles d'activité :

Pôle 1 : Intelligence et développement territorial
La CATL vise à développer sa connaissance des réalités, des besoins, des enjeux et des acteurs de son territoire, et à "capitaliser" les apprentissages qu'elle a réalisés en tant qu'expérience pionnière. Elle veut également approfondir son travail de diagnostic territorial et de prospective afin de mieux accompagner et calibrer le développement des filières sur son territoire.

Pôle 2 : Sensibilisation
La transformation d’un système agroalimentaire local ou régional passe nécessairement par la sensibilisation et la mobilisation de toute les forces vives du territoire, des mangeurs/citoyens au élus en passant par les acteurs intermédiaires. Cela se traduit notamment par la coordination et/ou l'organisation d'événements tels que le Festival Nourrir Liège.

Pôle 3 : Expertise
La CATL propose des services et des accompagnements liés à son expertise propre. La CATL propose en particulier des accompagnements pour la mise en place d’un nouveau modèle de cantines scolaires durables dans le cadre du Collectif Développement Cantines Durables. Elle offre aussi un service de soutien à l’élaboration et à la mise en œuvre de politiques publiques. Enfin, elle est disponible pour complémenter l’offre de services d’acteurs généralistes de l’accompagnement.

Quelles sont les valeurs de la CATL ? Quels sont les principes éthiques actuels ?

L'assemblée générale de l'ASBL Ceinture Aliment-Terre Liégeoise a adopté une charte éthique qui est accessible sur son site web.

Cette charte se structure autour de la poursuite des six objectifs généraux suivants :
- Atteindre la souveraineté alimentaire
- Redynamiser l’économie liégeoise
- Construire une économie humaine et conviviale
- Inclure le plus grand nombre
- Respecter les écosystèmes
- Construire la démocratie et les partenariats

Pour en savoir plus ou consulter l'intégralité de cette charte ICI

Qu'elle est son évolution ? Toujours le(s) même(s) objectif(s) ? Si non quels sont les nouveaux objectifs ?

Nous l'avons écrit plus haut, l'objectif initial de la CATL, défini de manière arbitraire, était de parvenir à l'horizon d'une génération (soit 25 à 30 ans), à ce que la majorité de l'alimentation consommée localement soit produite localement dans les meilleures conditions économiques et sociales. Nous savons aujourd'hui que cet objectif est inatteignable dans les conditions actuelles de marché et de politiques publiques. Nos objectifs actuels sont :
- de contribuer à ce que chaque habitant de l'arrondissement de Liège ait accès à une alimentation saine et locale via le développement d'un réseau de distribution éthique et coopératif.
- de sensibiliser la population liégeoise à l'intérêt de se nourrir sainement et localement, et aux différentes manières possibles de le faire.
- de contribuer, via notre action au sein du Collectif Développement Cantines Durables (http://www.collectifcantinesdurables.be/), à ce qu'endéans 4 ans, 500 écoles en Wallonie basculent vers un nouveau modèle de cantine durable.
- de faire advenir une démocratie alimentaire via la création d'un Conseil de Politiques Alimentaire pour l'Arrondissement de Liège.
- de soutenir l'émergence de projets coopératifs sur notre territoire pour chaque filière alimentaire.
- de tester et d'essaimer des innovations sociales permettant une amélioration sensible du revenu et de la qualité de vie des producteurs.

Qui bénéficie de la CATL ?

Les producteurs et les consommateurs qui ont fait le choix des filières courtes. Les enfants qui fréquentent des établissements scolaires ayant décidé de s'engager dans une démarche cantine durable. Les communes qui ont décidé de s'associer à la CATL pour la mise en place de politiques territoriales favorisant l'alimentation locale et durable.

Quel est le profit des bénéficiaires ?

Pour les producteurs qui travaillent avec les filières courtes et coopératives du réseau CATL : une amélioration de leurs conditions de rémunération, des conditions de travail plus stables et pérennes grâce à l'engagement solidaire des commerçants du réseau sur l'écoulement de volumes de productions concertés. Pour les consommateurs : un accès facilité à une alimentation locale de qualité. Pour les collectivités territoriales : une contribution au développement de l'activité économique, au renforcement des liens sociaux et à l'amélioration de la qualité de l'environnement.

Quels sont les rôles des paysans, des citoyens et des collectivités locales ?

Chacun est à sa place dans une ceinture aliment-terre, qui n'a ni raison, ni possibilité d'exister sans producteurs et sans mangeurs. Les paysans sont invités à produire de manière durable pour l'alimentation de la population locale, en passant par un réseau de distribution éthique et coopératif qui vise deux objectifs à priori contradictoires : rémunérer décemment les producteurs et favoriser l'accessibilité d'une alimentation locale de qualité au plus grand nombre. Ces deux objectifs sont poursuivis par la compression des coups de distribution, rendue possible par la diminution du nombre d'intermédiaires et par le fait de privilégier parmi ceux-ci les coopératives dont le but n'est pas la maximisation du profit à des fins de rémunération du capital, mais au contraire de rendre le pouvoir économique aux producteurs et aux consommateurs. Les collectivités locales quant à elles disposent de divers leviers pour favoriser l'émergences des filières courtes sur leur territoire : mobilisation de foncier public à des fins agricoles, adoption de nouveaux modèles de cantines -essentiellement scolaires- durables, instauration de conseils de politique alimentaire, notamment.

A-t-elle des partenaires ?

Outre les pouvoirs publics locaux et les coopératives de son réseau, la CATL collabore avec des organisations actives en matière de développement rural et territorial (en particulier les GAL - Groupes d'Action Locale), avec des organisations paysannes, avec des chercheurs, avec des associations et des ONG actives en matière de souveraineté alimentaire, avec des organismes de formation ou d'accompagnement de porteurs de projets tels que les SAACE (structures d'accompagnement à l’auto création d'emploi) ou les agences conseil en économie sociale.

Comment la CATL est-elle financée ? Y a-t-il des subventions ?

La CATL est actuellement et essentiellement financée par un subside ponctuel octroyé par la Direction de l'Économie sociale du Service Public de Wallonie. Cela s'explique par le fait que les filières dont nous soutenons le développement sont structurées autour d'un réseau de coopératives, qui appartiennent au secteur de l'économie sociale. En tant qu'ASBL, nous bénéficions également d'aides publiques à l'emploi. Enfin, nous développons un pôle d'activité (expertise - services) qui nous permet progressivement de diversifier nos sources de revenus.

Quelles sont les tâches et les actions assurées par le service de la CATL ?

Comme déjà précisé plus haut, les actions menées par notre équipe s'organisent autour de trois pôles d'activités :

Pôle 1 : Intelligence et développement territorial
La CATL vise à développer sa connaissance des réalités, des besoins, des enjeux et des acteurs de son territoire, et à "capitaliser" les apprentissages qu'elle a réalisés en tant qu'expérience pionnière. Elle veut également approfondir son travail de diagnostic territorial et de prospective afin de mieux accompagner et calibrer le développement des filières sur son territoire.

Pôle 2 : Sensibilisation
La transformation d’un système agroalimentaire local ou régional passe nécessairement par la sensibilisation et la mobilisation de toute les forces vives du territoire, des mangeurs/citoyens au élus en passant par les acteurs intermédiaires. Cela se traduit notamment par la coordination et/ou l'organisation d'événements tels que le Festival Nourrir Liège.

Pôle 3 : Expertise
La CATL propose des services et des accompagnements liés à son expertise propre. La CATL propose en particulier des accompagnements pour la mise en place d’un nouveau modèle de cantines scolaires durables dans le cadre du Collectif Développement Cantines Durables. Elle offre aussi un service de soutien à l’élaboration et à la mise en œuvre de politiques publiques. Enfin, elle est disponible pour complémenter l’offre de services d’acteurs généralistes de l’accompagnement.

Quel est son statut juridique ?

Depuis janvier 2019, la Ceinture Aliment-Terre Liégeoise est une ASBL, soit un groupement de personnes physiques et/ou morales qui poursuivent un but désintéressé et ne peuvent recevoir aucun avantage patrimonial de la part celle-ci. Une ASBL a une personnalité juridique propre, indépendante de celle de ses membres. Le but désintéressé/projet commun qu'elle poursuit, de même que ses principes et règles de fonctionnement, sont définis dans ses statuts, qui doivent eux-même être conformes au code des sociétés. Les statuts de la CATL sont consultable sur son site web, en suivant ce lien : https://www.catl.be/wp-content/uploads/2019/04/CATL-Statuts_coordonnes.pdf

Quel est l'organigramme de la CATL ?

Comme toute ASBL, la CATL a pour organes légaux une Assemblée générale et un Conseil d'administration. L'Assemblée générale est l'organe souverain de l'ASBL, composé de l'ensemble de ses membres. Le Conseil d'administration est légalement responsable de la gestion de l'organisation. Ces deux organes, qui fonctionnent conformément à la loi sur le principe démocratique une personne = une voix, sont composés de diverses catégories de parties prenantes : producteurs, consommateurs engagés, coopératives, organismes de formation ou d'accompagnement, notamment.

Un coordinateur, délégué par le Conseil d'administration à la délégation journalière, fait le lien entre le Conseil d'administration et l'équipe de salariés.

Ressources humaines : qui est responsable de quoi dans l’équipe ? Tous à temps pleins ?

L'équipe de la CATL compte 5 salariés, pour un total que 3,5 ETP (équivalents temps plein). Seul le coordinateur est engagé à temps plein. Une personne partage un 4/5e temps entre son rôle de référent agricole et la gestion administrative. Un référent maraîchage travaille à mi-temps à CATL, de même que la responsable communication/événements. Enfin, la mission accompagnement cantines durables est assumée par une personne travaillant à 2/3 temps.

Quels est le matériel disponible pour la CATL ? Bâtiment ?

Nous louons des bureaux dans le quartier historique de Pierreuse à Liège, au dessus de la fameuse Casa Nicaragua. Pour le reste, nous disposons de matériel de bureau, et c'est tout. La CATL n'est pas une unité de production ou de transformation agricole ;-)

Quelles sont les organisations gérant le dispositif ?

L'ASBL Ceinture Aliment-Terre et ses membres.

A-t-elle des partenaires ?

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Quel est le volume indicatif de produits agricoles concernés en ha ou en € ?
Comment la croissance rapide de la production a-t-elle était possible ? (Quelles structures de production, financements …)

En Belgique, les statistiques agricoles (nationales et partiellement régionales) ne permettent pas (encore) de quantifier finement les productions agricoles issues d'une agriculture durable. Des informations peuvent être trouvées en consultant "Les chiffres du bio" publiés annuellement par l'asbl Biowallonie (https://www.biowallonie.com/chiffres-du-bio/).